Les pluies sont tombées sur Conakry et ses environs,
Plus que bénédiction c’est aussi un cri de colère du ciel.
Les torrents ont dévalé les rues, emportant maisons, biens et vies humaines.
Des familles pleurent aujourd’hui leurs morts.
D’autres, le cœur suspendu, cherchent encore ceux qui sont portés disparus.
Des constructions sur les lits des cours d’eau et torrents saisonniers, nous obstruons les passages d’eau, nos ingénieurs peu ingénieux et engagés sont affolés par les gains financiers. Courbes de niveaux inconnus. Nous sommes responsables en grande partie de ce qui nous arrive malgré l’imprévisibilité de la nature et les revers du changement et du rechauffement climatique.
Nous voyons l’eau envahir nos quartiers,
déborder des caniveaux trop petits, trop étroits,
incapables de contenir la force brutale des torrents. Les murs qui séparent les concessions ont volé les espaces et chemins des eaux qui ne font cadeau à personne quand leur droit de couler vers les loges promises sont betonnés et embastillées
Les égouts saturés alimentés en ordures et impuretés par nos familles deviennent des pièges mortels,
et nos routes se transforment en fleuves de désespoir.
Dans notre contrée on a toujours entendu Boora Malé et non Boora Bankhi. A cette allure le futur de Conakry est sauvagement compromis dans une atmosphere de corruption géneralisée. Maison,maison,..
Nos booras qui sont les poumons respiratoires de l’océan sont en train de disparaitre devant le regard fuyant de l’etat. Il ne me reste plus qu’a implorer donc Dieu.
Ô Dieu, Toi qui entends les pleurs des mères et les prières des enfants,
accueille dans ta lumière les âmes arrachées par les eaux.
Console les familles endeuillées,
apaise la douleur des cœurs brisés.
Mais aussi, ouvre les yeux des hommes :
car si le ciel pleure avec tant de violence,
c’est que la Terre souffre.
Le changement climatique n’est plus une théorie lointaine :
il est là, dans nos rues inondées, dans nos maisons détruites, maisons pour certaines qui ne sont pas à leur place bien sûr
dans les larmes de nos proches.
Il naît de notre indifférence à protéger la nature,
de nos forêts abattues,
de nos déchets qui bouchent les voies d’eau,
de notre oubli que la Terre est notre maison commune. Des riches qui trichent qui achètent tout et construisent des. Immeubles partout
Des gestionnaires et autrres detenteurs de pouvoir qui avalent nos terres. Or Conakry se situe principalement sur deux versants nord et sud qui drainent le monde liquide de part et d’autre vers leurs mers promises.
Ne fermons plus les yeux.
Les pluies reviendront, et elles seront plus fortes encore
si nous ne réparons pas ce que nous avons brisé.
Que cette tragédie soit un appel :
à repenser nos villes, surtout Conakry jadis perle noire nous-a-t-on dit
à bâtir des caniveaux dignes de protéger nos vies,
à respecter la Terre que Dieu nous a confiée.
Pour que demain, lorsque le ciel pleurera,
il ne soit plus porteur de deuil,
mais à nouveau de vie. Mon cher Etat reveille toi mais pour bien comprendre et agir sur mesure.
Barry ibrahima consultant, activiste pour l’adaptaion au changement climatique : 628291806.


